Discorde internationale au Privacy Symposium de Venise

Par Isabelle Landreau, Administratrice de l’AFCDP

Du 20 au 24 avril 2026, Venise a accueilli la 5ème édition du Privacy Symposium, l’un des rendez-vous internationaux les plus importants consacrés à la protection des données, à la gouvernance numérique et aux technologies émergentes. L’événement s’est déroulé dans plusieurs lieux emblématiques, dont l’Université Ca’ Foscari et la Scuola Grande di San Rocco, au cœur du centre historique.

Ce carrefour vise à favoriser le dialogue international, la coopération et le partage de connaissances autour de la gouvernance des données et de la conformité réglementaire. Les discussions ont notamment porté sur :

  • les évolutions des réglementations en matière de traitement des données
  • la convergence internationale des cadres juridiques
  • les technologies émergentes et leurs implications
  • les besoins futurs en matière de conformité
  • la recherche et l’innovation dans la gouvernance des données

Des représentants d’institutions majeures étaient présents : la Commission européenne, l’U.S. Department of Justice et l’U.S. Department of Commerce, des autorités de protection des données d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.





J’ai tout particulièrement retenu l’intervention du professeur Hiroki Habuka, de l’université de Kyoto, qui a mentionné la dernière feuille de route sur la stratégie en matière de données personnelles de la Commission Japonaise (PPC, 1er avril 2026) : la possible extension de la reconnaissance mutuelle d’adéquation au secteur public et aux institutions académiques, la création de modèles de clauses contractuelles globaux (Global Model Contractual Clauses GMCC) et aussi l’abandon, dans certains cas, du consentement comme base légale au profit d’un système de confiance.

Il a aussi évoqué la volonté de la Commission PPC de renforcer la coopération avec des pays ayant une approche similaire, en rédigeant un Mémorandum de Coopération (MOC) sur les données personnelles, pour la défense de valeurs fondamentales communes.



A l’inverse des propos tenus par le fondateur de plusieurs associations Sébastien Ziegler qui a toujours été engagé dans le partage des savoirs, nos amis américains sont tombés dans le bain de leur Président, et sont venus nous faire la morale sur l’universalisme et le multilatéralisme en critiquant l’attitude de l’Europe.



Il est donc impératif de s’unir plus que jamais au sein de l’Europe et d’identifier des partenariats solides aussi hors Europe, pour renforcer la protection de la donnée personnelle sur la base des valeurs des pères fondateurs de l’Union Européenne et de mettre en place des standards communs pour faire de l’Europe un marché de la donnée de confiance.



Le Privacy Symposium, malgré sa croissance, reste un lieu privilégié pour soulever des barrières et passer des ponts, entre les rives, celles de Venise et d’ailleurs.

Auteur de l’article : Rédacteur externe