Nubevia confirme la percée des migrations vers le cloud souverain

Le nouveau groupe français Nubevia dédie ses infrastructures sécurisées et services d’infogérance aux PME, ETI, acteurs de la santé et du secteur public. Né du rapprochement d’ARD-Com, TAS Cloud Services et Hosteur sous l’impulsion d’Evolem, il compte près de 450 clients professionnels et 13 datacenters dont deux opérés en propre, couvre la France, la Belgique, Monaco, l’Italie et la Suisse.

Son chiffre d’affaires devrait passer d’une vingtaine de millions d’euros à plus de 100 millions d’euros d’ici à cinq ans. Francesco De Simoni, Directeur général et directeur technique de Nubevia précise l’engouement actuel des professionnels vers le cloud souverain.

Les migrations souveraines forment-elles un levier de croissance significatif en 2026 ?

Francesco De Simoni : Le Cloud Act, les tensions géopolitiques et les décisions de l’administration de Washington ont rendu le sujet beaucoup plus réel pour les DSI et les comités de direction. Une simple relocalisation des données numériques ne suffit plus. Il s’agit d’obtenir une vraie maîtrise opérationnelle et juridique à présent.
Pour Nubevia, les migrations souveraines représentent aujourd’hui la majorité de nos nouveaux projets entrants. La tendance s’est vraiment accélérée depuis le début de l’année 2026, notamment dans les secteurs fortement réglementés, les administrations et les ETI / PME qui ne veulent plus dépendre d’hyperscalers étrangers.

Une branche d’activités particulière montre-t-elle le chemin ?

Francesco De Simoni : Nous observons que la santé et les administrations montrent la voie à présent. Les établissements de santé ont des contraintes réglementaires qui les obligent à structurer leur approche et leurs prises de décision ont accélérées.
Côté administrations, plusieurs agences sont contraintes de quitter des solutions Microsoft. Nous répondons aux appels d’offres publics incluant une exigence de souveraineté dépassant l’emplacement des données. Ces dossiers s’attachent à vérifier qui gère le datacenter, comment, et avec quelles garanties opérationnelles. C’est maintenant significatif, et cela forme une très bonne nouvelle pour nous.
Dans l’industrie, les migrations sont plus lentes. De nombreux systèmes restent internalisés et les cycles de renouvellement restent longs. Mais le sujet monte, et la prise de conscience s’étend avec les récents incidents cyber et la convergence des systèmes IT/OT.

Outre le recours accru aux services managés, notez-vous de nouvelles attentes de la part des clients français ?

Francesco De Simoni : Au-delà des services managés classiques, on voit monter deux attentes : la souveraineté des infrastructures IA et l’exigence de responsabilité opérationnelle. La souveraineté sur les infrastructures et services IA passe par des centres de traitements aux GPU opérés en France, sans dépendance extra-européenne, et par une vraie maîtrise des architectures et des modèles de langage.
Nos clients ne veulent pas seulement un prestataire capable de leur louer des ressources réseaux et des fermes de serveurs. L’exigence de responsabilité opérationnelle devient plus forte et s’accompagne d’une demande d’interlocuteur unique, d’un guichet unique sans dilution de responsabilité.
Sur l’IA en particulier, ils ne cherchent plus seulement de la puissance brute en self-service. Ils veulent des plateformes adaptées à leurs usages métiers, opérées et garanties par un partenaire qui en prend la responsabilité pleine et entière. 

Face aux difficultés d’approvisionnements actuelles (GPU, SSD, RAM), Nubevia dispose-t-elle d’un stock important ou d’un modèle économique avantageux pour ses clients ? 

Francesco De Simoni : Nous faisons face aux mêmes tensions que le marché sur les composants ; on ne peut pas prétendre le contraire. Mais notre modèle économique nous positionne distinctement. On ne revend pas de GPU à la découpe. Nous opérons des plateformes IA qui nous appartiennent, qu’on dimensionne et qu’on adapte selon les projets. Cela nous permet de proposer une vraie diversité d’usages là où les « grands acteurs » font du volume standardisé. Le client paie ce qu’il consomme, pas un forfait calibré pour le cas d’usage moyen d’un autre client. Nous absorbons en fait la complexité d’approvisionnement de notre côté, et permettons à nos clients d’accéder à une infrastructure souveraine, opérée, sans avoir à gérer lui-même les aléas du marché des composants.

Auteur de l’article : la Rédaction

Journaliste et fondateur de l'agence éditoriale PulsEdit, Olivier Bouzereau coordonne la communauté open source OW2, conçoit des services et contenus en ligne, des conférences et formations pour les professionnels du numérique, des médias et de la santé. Profil LinkedIn.