Franck Chiniard, président de l’Association des Directeurs Informatiques de Monaco souligne la volonté de la Principauté de concilier souveraineté, efficacité, sécurité et sobriété numériques.
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Bénéficier d’assistants ou même d’agents IA n’exige pas un recours systématique à une immense puissance de calcul étrangère, défend le président de l’ADIM : des solutions et infrastructures locales, exploitant des modèles de langage de petite taille (SLM) répondent à des besoins précis tout en offrant une démarche plus verte et respectueuse des données privées.
Cette approche suppose toutefois d’oser investir, souligne-t-il : acquisitions de matériels, montée en compétences et expérimentation. Il évoque des membres déjà satisfaits des résultats obtenus, sans devoir exploiter de grands centres de données éloignés du rocher.
Au moment où toute l’industrie IT cherche son équilibre entre sobriété numérique, essor de l’intelligence artificielle et vigilance quantique, l’écosystème de Monaco ne veut négliger aucun de ces aspects.
Santé, énergie et traitements décentralisés
Parmi les industries pionnières à Monaco, Franck Chiniard cite d’abord la santé, avec le Centre cardio-thoracique, présenté comme un acteur de premier plan sur les sujets d’intelligence artificielle. Une partie de son équipe a déjà partagé les résultats de ses travaux auprès des membres de l’ADIM lors du 25e anniversaire de l’association.
L’énergie constitue un autre terrain d’innovations, chez les fournisseurs comme chez les acteurs chargés de maintenir des équipements énergétiques. Les développements s’accélèrent, là aussi, autour des usages de SLM. D’autres avancées rapides portent sur les secours d’urgence, la défense et la dépollution du littoral. Un éditeur de logiciel spécialisé dans le traitement local de données identifie ainsi les matières plastiques rejetées en mer, à partir de vidéos collectées par des drones ; un traitement à la fois sobre et déconnecté.
Veille croisée avec le CLUSIF et l’AMSN
L’ADIM entend renforcer le partage d’expériences. Depuis deux ans, elle associe le CLUSIF à une restitution du « Panorama de la cybercriminalité », pour offrir à ses membres une vision des incidents cyber à l’échelle de l’Hexagone. Cette initiative sera renouvelée.
L’ADIM entretient par ailleurs des liens étroits avec l’Agence Monégasque de Sécurité Numérique (AMSN), qui partage avec les membres une lecture focalisée sur les incidents locaux. Pour Franck Chiniard, cette double veille participe à la sensibilisation de l’ensemble de l’écosystème.
Le risque quantique, une urgence montante
Le risque quantique occupe une place croissante dans l’agenda de l’association. Une matinée consacrée au quantique a déjà été organisée en 2026, avec l’ambition de présenter « à la fois les opportunités de la technologie et ses risques loin d’être négligeables ».
Franck Chiniard rappelle qu’Europol a récemment publié une notice alertant sur l’accélération du calendrier avec les cryptomonnaies et blockchains à présent exposées. L’ADIM prévoit de sensibiliser à nouveau ses membres en 2027, notamment avec un expert local, le docteur Jacob Mandel.
Finance et cybersécurité
L’association est également partenaire du prochain World Quantum Cannes Festival de mi-novembre, où plus d’une quinzaine de ses membres participeront. Convaincue que Monaco pourrait concentrer une partie de l’exploitation du quantique sur son territoire, elle sensibilise et encourage le gouvernement de la Principauté et les acteurs locaux à croiser leurs points de vue.
Enfin, Franck Chiniard évoque les tests et les usages de l’IA dans la finance, secteur où Monaco cherche à exploiter au mieux les puissances de calcul pour mener des simulations et des prévisions toujours plus fines, sûres et pertinentes.

